Archives pour la catégorie art

New York Factories, un beau livre de Pierre Gras

Brooklyn_entrepots_2011Brooklyn, entrepôts, 2011

Une mémoire industrielle toujours vivante

Une plongée au cœur de l’histoire de New York et de ses cinq boroughs (Manhattan, Brooklyn, le Bronx, Queens et Staten Island) offre, dans les « creux » de la ville, dans ses interstices ou son front d’eau, des aspects inattendus, hérités de la période industrielle et témoins d’une évolution de la mégalopole américaine qui n’apparaît pas toujours aussi clairement. Le tissu urbain new-yorkais, contrairement à ce que suggèrent la fameuse « grille » de Manhattan et l’apparente cohérence de sa façade, est assez hétérogène, mêlant activités, logements, entrepôts, commerces, dépôts de matériaux : un véritable patchwork qui se donne à voir plus précisément lorsque l’on franchit les deux cours d’eau, l’Hudson et l’East River.

Entre le milieu et la fin du XIXe siècle, la conquête d’un plus vaste territoire s’est en effet traduite par la traversée des deux fleuves et la constitution d’une métropole de taille mondiale, s’accompagnant d’un développement industriel et démographique considérable, que permet alors l’accumulation des hommes et des capitaux. Les activités prestigieuses étant placées au centre de l’île de Manhattan, des pentes se dessinent vers les quais et les industries qui viennent doubler la ligne des ports. À Brooklyn ou à Staten Island, se regroupent les activités plus bruyantes : chantiers navals, entrepôts ou embarcadères. L’histoire unitaire de New York depuis le XVIIe siècle se fractionne en de multiples récits.

Red_Hook_anciens_entrepots_2011 Red Hook, anciens entrepôts, 2011

Au cours des années 1960-70, la crise économique frappe la ville de plein fouet. Elle engendre nombre de friches industrielles dans les arrondissements du Bronx et de Queens. Les usines ferment du fait de la concurrence internationale, elles déménagent ou se délocalisent à l’étranger. Et il ne reste bientôt de l’ancien grand port central que des activités résiduelles à Brooklyn, dans le secteur de Red Hook, et au Howland Hook Marine Terminal de Staten Island. À partir des années 1990, plusieurs opérations de réhabilitation sont menées dans des quartiers industriels. Plusieurs des anciennes zones industrialo-portuaires sont reconverties en lofts, en ateliers d’artistes ou en agences d’architecture et de design. Dans les quartiers qui n’ont pas encore été transformés, un sentiment d’abandon et de solitude est venu se substituer à l’activité grouillante et bruyante des décennies précédentes. Mais déjà le « marché » s’y intéresse, à l’image de l’ancienne sucrerie Domino’s Sugar, qui sera bientôt reconvertie. Un nouvel avenir se dessine, certes loin de l’industrie traditionnelle, mais toujours connecté à la capacité incroyable de New York à se réinventer…

Usine_Dominos Sugar_2011Usine Domino’s Sugar, 2011

NEW YORK FACTORIES / Pierre Gras / Blurb Publ. / Mars 2014 / 96 p. couleur

pierregras-newyorkfactories-croiseeroutes

Pierre Gras, historien de formation, a été journaliste pendant plus de vingt ans. Il s’est intéressé très tôt à l’univers des villes, à ses mutations et à son patrimoine industriel. Écrivain-voyageur, consultant spécialiste des questions urbaines et portuaires et enseignant-chercheur en école d’architecture, il a publié une vingtaine d’ouvrages, pour la plupart consacrés à l’urbanisme, à l’architecture, au patrimoine et au devenir du monde urbain, parmi lesquels Le Temps des ports (Tallandier, 2010) et Tony Garnier (éditions du Patrimoine, 2013).

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Stedelijk Museum d’Amsterdam : Kazimir Malevitch et l’avant-garde russe

Le Stedelijk Museum d’Amsterdam présente une exposition dédiée à K. S. Malevitch et l’avant-garde russe jusqu’au 2 février 2014. Après la grande rétrospective de 1989, cette exposition retrace l’itinéraire du fondateur du suprématisme tout en le dépassant. Plus de 500 œuvres sont réunies autorisant une parfaite mise en perspective de l’avant-garde russe. S’y retrouvent A. M. Rodchenko, O. V. Rozanova, I. G. Chashnik, N. M. Suetin, V. V. Tatline ou bien encore N. A. Udaltsova et L. M. Lissitzky.

Ilya Grigorevich Chashnik  Composition suprématiste, . Oil on canvas. 75,5 cm x 49,5 cm.

Ilya Grigorevich Chashnik
Composition suprématiste. Oil on canvas. 75,5 cm x 49,5 cm.

En gardant à l’esprit trois aspects relatifs à l’avant-garde russe, l’exposition du Stedelijk est plus que remarquable. D’un point de vue de l’art, les perspectives et les projets menés à terme ou non par les artistes représentatifs des différentes tendances de l’avant-garde russe ont indiscutablement modifié notre rapport au monde. En repoussant les limites du territoire de l’art, ils ont déplacé son horizon et son champ perceptif. S’ils avaient peu ou prou été influencés par l’Occident, l’effet boomerang en fut d’autant plus radical. Les premiers, ils ont osé dépasser l’idée de représentation et ainsi libérer le champ des possibles.

Si, à l’Ouest, Dada prônait un tonitruant « Tout est possible », les suprématistes et les constructivistes réinventaient à l’Est, de façon radicale, une manière de voir, de penser et d’agir. C’est sur un axe Saint-Petersbourg-Moscou que se redistribuaient les cartes du renouvellement esthétique, artistique et politique du monde dans ses changements.

K. S. Malevič ca. 1920, Gouache on paper, Louisiana Museum.

K. S. Malevič
ca. 1920, Gouache on paper, Louisiana Museum.

C’est là aussi que l’exposition peut situer l’une de ses dimensions problématiques. Dans la radicalité révolutionnaire qui fait suite à Octobre, la relation art et politique est ambivalente. Engagés ou compagnons de route, promoteurs d’une révolution esthétique et idéologique (Vkhoutemas et Unovis), il est indéniable que le front gauche de l’art fut mis progressivement et irrémédiablement sous tutelle. La mise à l’index des tendances jugées « formalistes » au profit d’un réalisme socialiste interroge et questionne les relations de l’art, du politique et de la société.

En dernier lieu, l’exposition trouve son origine dans les deux collections privées constituées par Georges Costakis et Nikolaï Khardzhiev. Il n’est pas inintéressant de noter qu’un grand nombre de pièces présentées dans le cadre de cette manifestation auraient simplement été perdues sans leur indéfectible curiosité. A noter que cette trajectoire Est-Ouest constitue une réponse inattendue au destin des grandes collections Chtchoukine et Morozov.

En repoussant les limites de la perception et en brisant nombre de conventions esthétiques, Malevitch et son Carré noir sur fond blanc, Tatline et son Monument à la Troisième internationale, Rodchenko et son triptyque Monochrome : rouge, jaune et bleu, labellisé « fin de l’art » devenaient simplement des figures emblématiques d’un nouvel horizon.

The Stedelijk Museum Amsterdam,
Kazimir Malevich and the Russian Avant-garde,
19 Octobre 2013 – 2 Février 2014.
http://www.stedelijk.nl/en/exhibitions/kazimir-malevich-and-the-russian-avant-garde

Gianni Cariani
pour La croisée des routes

Echos de la poussière et de la fracturation | portfolio & exposition photo d’Alain Willaume

Le 1er juillet 2013 débutent les Rencontres d’Arles 2013, événement international, annuel et majeur pour tous les amoureux de la photographie. En avant première, Alain Willaume, photographe membre du collectif Tendance Floue, a accepté de partager avec La croisée des routes son portfolio Echos de la poussière et de la fracturation qui y sera présenté.

Dans le cadre du Transition, Social Landscape Project, Alain Willaume a été invité à réfléchir sur les menaces liées aux projets d’exploitation du gaz de schiste par la société Shell dans la région désertique du Karoo en Afrique du Sud.

En écho à ce futur incertain, il invente une métaphore évanescente et interroge un territoire hanté par les soupçons et les angoisses émanant des habitants rencontrés au hasard des pistes. Ses images – dont les riches demi-teintes  ne comportent sciemment ni noirs ni blancs – résonnent des échos d’une menace environnementale d’une actualité brûlante et, ce faisant, chantent la grâce infinie d’un paysage désormais en sursis.

Voir le diaporama sur le site de La croisée des routes.

© Alain Willaume / Tendance Floue

© Alain Willaume / Tendance Floue

Produite dans le cadre des Saison croisées France – Afrique du Sud par les Rencontres d’Arles  et le Market Photo WorkshopTransition, paysages d’une société est une mission photographique d’une ampleur exceptionnelle, menée par six photographes français (Patrick Tourneboeuf, Alain Willaume du collectif Tendance Floue, Raphaël Dallaporta, Harry Gruyaert, Philippe Chancel, Thibaut Cuisset) et six sud-africains (Santu Mofokeng, Pieter Hugo, Zanele Muholi, Cedric Nunn, Jo Ractliffe, Thabiso Sekgala) sur le territoire de l’Afrique du Sud.

Un livre est édité à cette occasion par les éditions Xavier Barral.

Une première version de cette exposition a été présentée cet hiver à Johannesburg.

L’exposition Transition, Paysages d’une société est présentée dans le cadre des Rencontres d’Arles 2013 du 1er juillet au 22 septembre 2013 à Arles.

Voir la captation de la soirée « Transition, paysages d’une société » 
3 juillet 2013 au Théâtre antique à Arles

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Georges et Jacqueline Bogey en dédicace au Quai Branly

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GEORGES BOGEY ET JACQUELINE BOGEY EN DEDICACE A LA LIBRAIRIE DU QUAI BRANLY DANS LE CADRE DE L’EXPOSITION ”PHILIPPINES, ARCHIPEL DES ECHANGES”

GEORGES BOGEY, auteur, et l’illustratrice JACQUELINE BOGEY dédicacent leur livre – conte ”Un caméléon sur l’épaule, l’histoire de Ligaya aux Philippines” dans la librairie du Musée du Quai Branly à Paris | samedi 27 avril 2013 de 14h à 16h. Au profit de l’association Caméléon et en présence de Laurence Ligier, fondatrice de l’association Caméléon.

A l’occasion de l’exposition ”PHILIPPINES, ARCHIPEL DES ECHANGES” présentée actuellement au Musée du Quai Branly à Paris.

Rappel : Georges Bogey sera l’invité de “La croisée des routes”, au côté de Lionel Bedin, mardi 7 mai 2013 à 17h au Café “Les savons d’Hélène” à Strasbourg.

La croisée des routes. Jour J.

Aujourd’hui mise en ligne de “La croisée des routes”, nouvelle plateforme de partage à vocation culturelle autour du voyage nourrie par un farouche esprit nomade.

Un nouvel espace de rencontres plurielles, autour du voyage et de la culture, en version 2.0 et parfois dans un café ou ailleurs…

Nous vous laissons vous y balader et attendons vos remarques et suggestions.