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Rencontre #2 de « La croisée des routes » avec Michel Agier

« Une éducation à l’altérité est désormais nécessaire pour dépasser le piège identitaire ».

La rencontre #2 de « La croisée des routes » avec Michel Agier autour de « la condition cosmopolite », a eu lieu le mardi 3 décembre 2013 à la librairie Quai des Brumes à Strasbourg. Dans le cadre du Festival Strasbourg-Méditerranée.

Merci à tous les lecteurs présents et nombreux pour ce moment de réflexion partagé. Merci à l’équipe de la Librairie Quai des Brumes Strasbourg pour son accueil chaleureux.

Le voyage continue jusqu’au 14 décembre 2013 au festival Strasbourg-Méditerranée et tous les jours sur www.croiseedesroutes.com

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La croisée des routes | Rencontre #2 avec Michel Agier : mardi 3 décembre 2013 à la librairie Quai des Brumes à Strasbourg dans le cadre du festival Strasbourg-Méditerranée

Nous vous invitons à participer à une rencontre-débat avec Michel Agier à l’occasion de la parution de ses livres « La condition cosmopolite. L’anthropologie à l’épreuve du piège identitaire »,  (Editions La Découverte, 2013) et « Campement urbain. Du refuge naît le ghetto » (Editions Payot, 2013), mardi 3 décembre 2013 à 19h à la librairie Quai des Brumes à Strasbourg dans le cadre du Festival Strasbourg-Méditerranée (entrée libre).

Michel Agier par Didier Pruvot D.R.

Anthropologue, directeur de recherches à l’Institut de recherche pour le développement, et directeur d’études à l’EHESS, Michel Agier est spécialiste de la question des migrants et des réfugiés.

Il a publié notamment « Gérer les indésirables. Des camps de réfugiés au gouvernement humanitaire » (Flammarion, 2008), et récemment « Campement urbain. Du refuge naît le ghetto » (Payot, 2013) et « La Condition cosmopolite. L’anthropologie à l’épreuve du piège identitaire » (Editions La Découverte, 2013). Il a coécrit avec Catherine Portevin le spectacle « Le Couloir des exilés » (inspiré de l’essai éponyme) mis en scène et interprété par Marcel Bozonnet à la Maison de la culture d’Amiens (mars 2013).

La mondialisation libère les uns et oppresse les autres. Et dans cette partition du monde, chacun est renvoyé à une identité prétendument essentielle et « vraie ». D’où un véritable « piège identitaire », négation de l’autre et de sa subjectivité, parfois justifié par l’anthropologie – à l’opposé de sa vocation humaniste et critique. Face à ce défi, le regard contemporain sur le monde doit être repensé, en dépassant le relativisme culturel et ses « ontologies » identitaires.

Dans ce livre, Michel Agier prend une position résolument « décentrée », invitant le lecteur à reconsidérer les sens et les usages de la frontière : lieu de passage, instable et sans cesse négociée, elle nous fait humains en instituant la place et l’existence sociale de chacun tout en reconnaissant celles des autres. Le mur est son contraire : il incarne le piège identitaire contre l’altérité.

Cette enquête sur l’état du monde et sa violence, sur les frontières et les murs, sur le sens des mots (« identité », « civilisation », « race », « culture ») propose ainsi une réflexion originale sur la condition cosmopolite, figure à double face : d’un côté, l’étranger absolu, global et anonyme, que dessinent les politiques identitaires sous des traits effrayants ; de l’autre, le sujet-autre, celui qui venant de l’extérieur de « mon identité », m’oblige à penser tout à la fois au monde, à moi et aux autres. En plaidant pour la validité de l’approche anthropologique, Michel Agier cherche ici à dépasser le piège identitaire, à montrer que d’autres manières de penser sont possibles. Réapprendre à passer les frontières où se trouve l’autre, à les reconnaître et à les fréquenter, est devenu l’un des enjeux majeurs de notre temps.

Feuilleter les premières pages de « La Condition cosmopolite. L’anthropologie à l’épreuve du piège identitaire » de Michel Agier (Editions La Découverte, 2013

Michel Agier, invité de « Parenthèse » de Laurence Luret « Mondialisation: sommes-nous des citoyens du monde ? » Ecouter l’émission de France Inter

Ecouter les émissions avec Michel Agier sur France Culture

Festival Strasbourg-Méditerranée, du 30 novembre au 14 décembre 2014. Voir le programme complet, ici

Jean Malaurie : entretien pour « La croisée des routes » | nouvelle version augmentée

Souvent les Inuit m’ont dit : « Malaurie est jeune, il ne sait même pas qui il est. On va le lui apprendre. Mais on va aussi lui apprendre qui nous sommes. »

Jean Malaurie a 28 ans lorsqu’il atteint la première fois les côtes groenlandaises le 3 juin 1948, c’était il y a très exactement 65 ans, quasiment au jour près. Pour l’anthropogéographe comme pour les Inuit, le sens de l’hospitalité n’est pas un vain mot. Il n’a eu de cesse, tout au long de ses années de recherches et de combats, avec une détermination sans faille qui inspire profondément le respect, de valoriser ces peuples « racines ». Des populations qui ne sont pas en arrière de l’histoire mais « en réserve » pour nous préserver en quelque sorte du pire et d’abord de notre prétention occidentale à vouloir dominer le monde en oubliant les lois sacrées d’équilibre de la nature.

Invité fin mai 2013 à Strasbourg, dans le cadre du festival Cultures de Paix – deux mots, « culture » et « paix », qui résonnent particulièrement forts aux yeux de Jean Malaurie –, l’anthropologue a également souhaité lancer un appel solennel à la Communauté internationale – et tout spécialement russe et européenne – pour aider les populations autochtones du Grand Nord et protéger la zone arctique des fortes ingérences économiques et géopolitiques de notre époque.

Lire la nouvelle version (augmentée) de l’entretien avec Jean Malaurie.
Réalisée par Franck Michel et Aude Créquy pour « La croisée des routes ».

Généalogie des Inuit, réalisée par Jean Malaurie en 1950.

Généalogie des Inuit, réalisée par Jean Malaurie en 1950.

Toute ma vie j’ai été défenseur des minorités, qu’elles soient ethniques ou intellectuelles. Un anthropologue, par nature, représente en soi une minorité intellectuelle en faisant face à la vulgate politique et économique. J’ai créé « Terre Humaine », contre.

Il appartient à l’homme de protéger son patrimoine qui est multiculturel. La mondialisation est un malheur absolu et c’est alors que l’on peut s’interroger sur le colonialisme et le développement.

(extraits de l’entretien avec Jean Malaurie | La croisée des routes)

Les Inuit m’ont changé, pas instruit, mais transformé. | Jean Malaurie : entretien pour La croisée des routes

“Tout le monde ressent que nous sommes dans une impasse. Les Inuit, comme d’autres peuples « racines », le sentent et veulent apporter leur pierre pour contribuer à une prise de conscience collective.” (Jean Malaurie, extrait de l’entretien)

Anthropogéographe et écrivain, fondateur et directeur de la prestigieuse collection « Terre Humaine », interprète et défendeur des peuples arctiques depuis plus de six décennies, Jean Malaurie est venu à Strasbourg à l’invitation du festival “Culture de Paix” les 23 et 24 mai 2013, pour recevoir la Médaille de la ville de Strasbourg et lancer un appel depuis la tribune du Conseil de l’Europe. La cité rhénane et néanmoins capitale européenne a tenu à honorer le parcours exemplaire de celui que Michel Le Bris a qualifié, dans son Dictionnaire amoureux des explorateurs, comme étant « le dernier des géants ».

Lire l’entretien intégral avec Jean Malaurie pour “La croisée des routes” réalisé par Aude Créquy et Franck Michel le 24 mai 2013 ici

“L’éboulement, c’est les pierres qui tombent les unes sur les autres en désordre. J’ai voulu m’affronter à ce problème : le désordre. C’est là que je découvre l’ordre, c’est-à-dire que la nature ne supporte pas le désordre, elle veut l’ordre. J’ai ainsi mis en valeur un écosystème qui s’appelle l’éboulis. Je suis un très grand spécialiste de l’éboulologie. C’est moi qui l’ai créé ce domaine. Je suis un éboulologue !” (Jean Malaurie, extrait de l’entretien)

Remise de la Médaille d’honneur de la Ville de Strasbourg à Jean Malaurie par Roland Ries, maire.

Remise de la Médaille d’honneur de la Ville de Strasbourg à Jean Malaurie par Roland Ries, maire.

“Les Inuit nous prennent pour des cinglés et pour des êtres en train de détruire la nature. Eux composent avec elle.” (Jean Malaurie, extrait de l’entretien)

“Je me suis posé la question  « à quoi sert l’intelligence ? ». Si l’intelligence n’est pas au service d’une action, n’essayez pas de la mettre dans des écrits. Les écrits ont un rôle, une fonction. On n’écrit pas n’importe quoi, ou dans ce cas, il vaut mieux faire autre chose ! Personne n’est condamné à écrire des livres.” (Jean Malaurie, extrait de l’entretien)

Festival Cultures de Paix | Jeudi 23 mai 2013 à 20h30 | Salle de l’Aubette à Strasbourg (entrée libre) | Soirée hommage à Jean Malaurie !

JeanMalaurie

Lire l’entretien de Jean Malaurie dans “La croisée des routes” : http://www.croiseedesroutes.com/#!jean-malaurie/c1k02

Il y a des personnalités uniques, des hommes qui forcent le destin en imposant des pensées et des actions hors des sentiers tout tracés.

Jean Malaurie est de ceux-là. Penseur férocement indépendant, il a bouleversé, tant par ses recherches scientifiques que par son projet éditorial de la désormais célèbre collection “Terre Humaine” (éditions Plon), la façon de considérer la diversité des terres et des peuples.

Il est aujourd’hui Ambassadeur de bonne volonté à l’Unesco pour les régions arctiques (domaines des sciences et de la culture).

Figure de proue de la recherche polaire française avec une oeuvre scientifique considérable, il vient d’être qualifié par Michel Le Bris, dans son “Dictionnaire amoureux des explorateurs”, de “dernier des géants”.

Une soirée conviviale et dînatoire pour honorer son parcours scientifique, défenseur de la cause des peuples du grand Nord, cette soirée hommage réunira de nombreux participants, témoins comme Dominique Sewane, auteur dans la collection “Terre Humaine”, Giulia Bogliolo Bruna, biographe, Marc Rochette responsable du département ethnographique et ethnologique de la BNF et le consul de Russie à Strasbourg.

La croisée des routes | rencontre #1 avec Georges Bogey et Lionel Bedin | mardi 7 mai 2013

photo : alain walther

photo : alain walther

La littérature de voyage était au cœur de cette première rencontre à La croisée des routes, mardi 7 mai à Strasbourg. Deux invités, Georges Bogey et Lionel Bedin, réunis sur la terrasse ensoleillée du café des Savons d’Hélène, nous ont conviés à une balade revigorante, des montagnes des Alpes aux confins de l’Asie, entre prose et poésie.

Nicolas Bouvier avait l’habitude de dire que «la prose est une visite qu’on rend aux mots, et la poésie, une visite qu’on reçoit des mots».

Un public attentif, pour le promeneur des Aravis et l’éditeur des Livres du monde, aux frontières entre le dehors et le dedans. Une autre friction si chère à l’auteur de «L’usage du monde».

Un beau moment de partage… avant de reprendre la route.

www.croiseedesroutes.com

Georges Bogey, le promeneur des Aravis

« Je marche pour écrire. Mes mots ce sont mes pas. 

– Vous écrivez dehors, comme ça, en marchant ? 

– Oui, si on veut … j’observe les choses, les gens, tout ce qui se passe. Après je mets tout ça sur papier. »

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Dans Le promeneur des Aravis Georges Bogey dit le cheval, la fourmi, l’orage, le tas de haricots à équeuter, les lieux, les chemins, la montagne, le torrent, les saisons, l’enfance, les gens. Car, lorsque les choses existent sans être dites, c’est que l’humanité et la poésie sont absentes.

Emboitons son pas, et partons en « promenade » avec lui, entre poésie et philosophie, humour et gravité, mémoire et présent. Et si ces « récits vagabonds », succession de faits, d’impressions, de sensations, de souvenirs, se déroulent dans le massif des Aravis, c’est parce que l’auteur y vit et le parcourt chaque jour. Mais, comme il le fait en lisant d’autres «promeneurs » (Bashô, Walser … ), le lecteur pourra aisément, à la lecture de ces textes, voyager en d’autres lieux.

Georges Bogey vit en Haute-Savoie. Il est l’auteur d’une douzaine de livres dans des genres variés : théâtre, contes illustrés pour enfants, recueils de haikus, témoignage sur le Cambodge. Son écriture se nourrit de ses lectures, du réel observé et de ses rencontres

Nous vous convions cordialement à participer au premier rendez-vous à La croisée des routes, mardi 7 mai à 17h au café Les savons d’Hélène à Strasbourg (entrée libre).

Georges Bogey sera accompagné par Lionel Bedin, éditeur et auteur de Un livre dans le sac à dos et co-auteur de Sur la route bleue avec Sylvain Tesson.

Avec sa maison d’édition Livres du monde Lionel Bedin construit patiemment une bibliothèque idéale de voyage. La littérature de voyage a pour ambition de décrire le monde, ses lieux, ses habitants, ses moeurs, ses cultures, mais aussi de parler de l’intime, de l’auteur, de soi. Tous les voyages sont différents.